[ acte 9 ] watch the light / and swallow the night

Quelque part après l'arc-en-ciel, on rira au éclat, on repensera à tous ça, on se murmurera que la vie est un rêve, un drôle de rêve, et nos yeux se croiseront, à toujours. On vera les arbres peints en bleu et des prairies peintes en rouge, on sera main dans la main, et on sera redevenu des enfants, ceux qu'on était avant...

# Posté le samedi 04 novembre 2006 14:52

[ acte 8 ] Mélancolie saline / juste en coup de vent / Le sable sur ma peau

[ acte 8 ] Mélancolie saline / juste en coup de vent / Le sable sur ma peau
Un ciel bleu azur. Des oiseaux. Ses pieds dans le sable. Ses yeux perdus dans l'infinité de l'horizon. Elle marche. Le vent vient se frotter à son visage. Ses cheveux s'emmêlent. Ce soir elle aura du mal à les coiffer...
L'air e
st devenu froid ces jours-ci, ses mains se glaçent au fur et à mesure qu'elle avance sur la plage. Malgrè cela le soleil brille et elle a du mal à garder les yeux ouverts.
Le
s gens affluent. Ils la frôlent. Elle trouve ça étrange. Ce monde. Sur une plage. Au mois d'octobre.
E
lle s'assoit. En plein milieu de la foule. Les gens disparaissent. Le monde semble fait de petites particules colorées et granuleuses. La mer se retrouve à quelques kilomètres. Sa perception change, les couleurs devienent plus accentes. L'eau prend des tons violet, le ciel vire au vert, et le sable recouvre un aspect brillant, fascinant.
Elle s'allonge à présent. Ses yeux se portent sur le ciel. Suivent le mouvement des oiseaux d'un blanc éclatant. Ca lui donne la nausée. Elle ferme les yeux. S'imagine dans un lieu clos. Les vagues qui s'écrasent contre les rochers rendent un bruit épais, inquiétant, mystérieux. Ca l'appaise, bizarrement.
L'
air est humide, ses cheveux déjà emmês commencent maintenant à frisser. Elle n'a jamais aimé ça.
P
etite, elle passait des heures à envier les cheveux raides de sa soeur. Aujourd'hui elle passe une demi-heure par jour à les défriser.

El
le se met à penser, à se dire que c'est étrange la manière dont on répète certains automatismes. Comme venir sur cette plage. Elle ne savait plus pourquoi elle continuait à le faire depuis toutes ces années, pourquoi elle s'y sentait si bien. Si à l'abri de tout...
Sa respiration ralentit, elle se sent plus calme, plus sereine. Plus de nausée.
Elle réouvre les yeux. Se rassoit. La mer est à nouveau à quelques mètres d'elle. Elle seve. Vascille. Ca devait faire des heures qu'elle était là. Ses jambes sont engourdies.
El
le avance vers l'eau, enlève ses chaussures. L'écume touche ses orteils. Lorsque la plante de ses pieds touche la surface de l'eau elle ressent comme un frisson qui lui parcourt le dos. Elle a froid.

Le soleil sera couché dans deux heures. Elle se dit qu'il faut qu'elle rentre. Retire un pied de l'eau. Puis l'autre. Les fait sècher. Remet ses chaussures. Son regard se pose sur un jeune couple. Deux adolescents. Ils ont l'air heureux. Elle sourit.
Il est temps de rentrer. Elle se tourne. Dos à la mer. Et s'en va.

Dans
une semaine elle reviendra. Comme toujours.
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# Posté le mercredi 25 octobre 2006 15:11

[ acte 7 ] a toujours mon amour / a jamais nos étreintes

[ acte 7 ] a toujours mon amour / a jamais nos étreintes
Et si je déversais l'océan sur ton corps, si je dissipais les malentendus en défonçant nos barrières, si j'leurs expliquais pourquoi, si les gens étaient moins cons, si le ciel était moins gris, si on vivait dans un printemps éternel, si le monde était plat, si les nuages étaient en coton, si un matin on pouvait se réveiller et poser un pied sur la lune, gouverner les étoiles, faire geler le soleil... Moi j'voudrai voir tes yeux.
Mais j'm'égare parce que c'est pas comme ça du tout. On s'ment à soi même. On s'raconte des histoires, on se narre des mythes fantastiques. On écrit l'épopée d'nos désirs. On poétise sur l'avenir. On argumente le présent. Et après?
Après on s'en fout. Evidemment tout le monde fuit, évidemment tout le monde a peur, tout le monde se joue des airs factices.
Quoi? J'me répéte? J'suis pessimiste? Vous ne comprennez pas? Cela vous est abscons? Et alors? Moi j'me comprend. C'est ce qui compte dans le fond. Parce que toute notre vie on vit seuls, toute notre vie on la passe avec soi-même. Moi j'me dis que mon meilleur allié c'est moi et le reste... Peu importe. C'est volage. Ca va, ça vient, ça vascille, s'efface, se reconstitue, se déchire. Puis rien.
Le néant.
Et demain le soleil nous brûlera les tempes, dissipera les doutes, enlèvera nos contraintes, adoucira nos moeurs. Et tu verra les choses seront plus douces, plus digestes, moins fatales, moins gerbantes. On sera heureux. On sera des idiots. Des êtres stupides mais qui se complaisent. Et la vie parraitra simple... Tout sera fait de ce que nous l'aurons décidé. Et tout sera parfait.
Utopique. L'ironie est douce...

J'ai vu un jour quelqu'un qui m'a dit qu'on ne pouvait comprendre les choses sans les avoir vécues. Et j'me dis que dans le fond beaucoup d'gens doivent avoir une vie tranquille.

Ne me prennez pas aux mots.
J'm'amuse.


Until the stars are alight i will burn myself on the sunshine.

Bonne nuit.

# Posté le vendredi 20 octobre 2006 17:42

[ acte 6 ] Mon désir est le statuère de mon fatasme.

| L'homme est de glace aux vérités, il est de feu pour les mensonges. |
La fontaine.

# Posté le samedi 07 octobre 2006 13:22

[ acte 5 ] A la croisée des mondes / noyer ton regard

Parce que je n'oserai pas emplir mon coeur de haine, au point même où la rage me dominerait. Parce que les émotions nous servent à avancer, à trouver la force.

J'me suis endormie, j'ai laissé mon essence retomber, ma substance se flétrir, Et si le goût des choses avait disparu à force d'amertume? J'en trop sais rien. Au final. Trop souvent prononcés. Ces mots. Trop souvent écrites. Ces lettres. Trop souvent. J'me mens. A jamais. Les choses. Immobiles. Inchangées. Insaisissables. Et j'm'enfonce. Me laisse chuter. Mais qu'est ce que ca veut dire au fond? Tout est dérisoire. Comme nous, comme tout...
"C'était plus moi, c'était plus eux, c'étais plus nous...". Et on ressasse, on se prend à imaginer les choses, autrement. A quoi ca sert? tout était joué... De toute facon. C'est du pareil au même.
Et dans les faits on lutte, on se débat, on consume toute notre énergie dans l'inchangeable, ce qui n'existe pas, ce qui nous bouffe, ce qui nous ronge, de l'intèrieur, qui nous écoeure au plus profond de notre âme. La réalité. Et on tente de se convaincre qu'on y peut rien. Et c'est vrai.

La vie est un diktat.


Trop d'interrogations...
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# Posté le samedi 07 octobre 2006 12:17