Et si je déversais l'océan sur ton corps, si je dissipais les malentendus en défonçant nos barrières, si j'leurs expliquais pourquoi, si les gens étaient moins cons, si le ciel était moins gris, si on vivait dans un printemps éternel, si le monde était plat, si les nuages étaient en coton, si un matin on pouvait se réveiller et poser un pied sur la lune, gouverner les étoiles, faire geler le soleil... Moi j'voudrai voir tes yeux.
Mais j'm'égare parce que c'est pas comme ça du tout. On s'ment à soi même. On s'raconte des histoires, on se narre des mythes fantastiques. On écrit l'épopée d'nos désirs. On poétise sur l'avenir. On argumente le présent. Et après?
Après on s'en fout. Evidemment tout le monde fuit, évidemment tout le monde a peur, tout le monde se joue des airs factices.
Quoi? J'me répéte? J'suis pessimiste? Vous ne comprennez pas? Cela vous est abscons? Et alors? Moi j'me comprend. C'est ce qui compte dans le fond. Parce que toute notre vie on vit seuls, toute notre vie on la passe avec soi-même. Moi j'me dis que mon meilleur allié c'est moi et le reste... Peu importe. C'est volage. Ca va, ça vient, ça vascille, s'efface, se reconstitue, se déchire. Puis rien.
Le néant.
Et demain le soleil nous brûlera les tempes, dissipera les doutes, enlèvera nos contraintes, adoucira nos moeurs. Et tu verra les choses seront plus douces, plus digestes, moins fatales, moins gerbantes. On sera heureux. On sera des idiots. Des êtres stupides mais qui se complaisent. Et la vie parraitra simple... Tout sera fait de ce que nous l'aurons décidé. Et tout sera parfait.
Utopique. L'ironie est douce...
J'ai vu un jour quelqu'un qui m'a dit qu'on ne pouvait comprendre les choses sans les avoir vécues. Et j'me dis que dans le fond beaucoup d'gens doivent avoir une vie tranquille.
Ne me prennez pas aux mots.
J'm'amuse.
Until the stars are alight i will burn myself on the sunshine.
Bonne nuit.