un sourire s'exquissa sur ses lèvres, son coeur battait tellement fort qu'elle pensa que sa poitrine allait exploser. Tout était calme. Autour. Inertie particulière des corps. Quant à elle, elle n'était que tumulte intèrieur. Et les ombres s'appesantirent. S'alourdirent. Dans une lenteur extrême. Les battements de son coeur redoublèrent. Ce fichu sourire collé au visage. Elle restait immobile. Le sang battait à ses tempes. Tantôt les pensées affluaient sans prévenir dans son esprit, tantôt l'inertie environnante la gagnait. Au loin le bruit d'un clappotement se faisait entendre. Un clapotement régulier, sorte de bruit sourd mais bien présent. Une légère brise soulevait ses cheveux d'une blondeur d'or. Ses boucles légères semblaient danser dans le vent. La chambre était pourtant close. Un frisson la parcourut. La pièce était presque vide. Seuls une table rectangulaire et un fauteuil l'occupait. Entre ces quatres murs peints en rouge, elle ne sût mesurer à quel point elle se sentait seule. Seule mais souriante. Seule mais heureuse. Ironie du sort, pour elle qui avait passé sa vie entourée d'un monde fou, mais qui finalement se rendait compte que durant ses pires moments de solitude il y avait toujours quelqu'un à ses côtés. Une odeur de safran flottait dans la pièce. Elle eut envie de fermer les yeux un moment. Comme pour se couper du monde, se propulser dans un hors temps où son bienêtre n'aurait pas de fin. Les pulsations de son coeur avaient changé de rythme. Les battements étaient moins rapides. Mais bien que se sentant appaisée, elle ne parvenait pas à se défaire d'un certain sentiment d'angoisse, d'oppression. Alors elle se leva, se dirigea vers la fenêtre, regarda à quoi pouvait ressembler Berlin à 4h du matin, du haut d'un immeuble de 25 étages. La ville n'était que lueurs et déjà le monde commençait à s'animer. Elle porta ses yeux au loin et resta des heures ainsi, le sourire au lèvres. Le temps n'avait pas de rives...