Retrouver ce que nous étions avant.
Etreindre le passé. Ou plutôt se redonner le goût de certaines choses.
On ne se rend pas compte à quel point on évolue,
à quel point on change,
combien des évènements anodins au premier abord,
peuvent se transformer peu à peu en moments capitaux.
Comme quelques mots échangés furtivement, virtuellement, peuvent changer une vie,
comme quelques lignes écrites sous le coup de la colère peuvent nous détruire de l'interieur.
Le destin ne prend pas de forme, rien n'est écrit mais les choses sont tellement étranges, en général...
Aujourd'hui je relis ce que j'étais avant.
Tous ces mots déposés à la hâte ou même parfois avec application,
comme pour me purger de certaines craintes.
Et il m'arrivait de m'enliser dans les mots, de rentrer dans un cercle infernal,
celui où ecrire mes angoisses m'appaisait, ou j'avais soif de ces mots,
de ces phrases, de ces morceaux de moi que je regurgitait sans cesse.
Je n'étais que tumulte, incertitude. Ai-je changé? Je dirai que je n'ai fais que changer de tumulte,
j'ai évolué dans mon dérangement.
Ainsi la métamorphose des êtres demeure incessante et que serions-nous sans cela?
De même, que serions nous sans notre part d'instabilité?
Il faut admettre que les choses seraient plus calmes. Certainement... Mais peut-être d'un ennui mortel.
Et la magie des regards, ces regards qui peuvent tout changer eux aussi.
Ces regards de complicité, ceux qui laissent s'échapper les messages les plus sincères.
Et ces sourires charmeurs, cette harmonie entre les yeux et les lèvres,
ce visage qui veut tout dire, qui implique le sublime et le dangereux à la fois.
Une voix douce murmure.
Il semble qu'elle chante, elle s'oublie dans son univers et ne demande qu'à séduire.
Ces airs là sont les plus dangereux,
ou du moins ils sont de ceux dont on croirait qu'ils pourraient tout perturber.
Mais la résistance est possible, on dit même que lorsqu'il s'agit d'amour,
" il y a un moment , tout au début, où il faut sauter par dessus un précipice:si on réfléchit on ne le fait pas."
Alors le choix s'impose à nous et à cet instant, nous choisissons de nous laisser glisser à quelques faiblesses, ou au contraire de se soulever contre nous même. Dans ce dernier cas les mélodies ne nous parviennent plus ou du moins nous y devenons insensible. C'est ce qu'on nomme détermination.
Je ne crois plus au hasard, je crois même n'y avoir jamais cru.
Et la boue souillait son visage, tandis que le temps passait, inéluctablement.
Elle continuait à s'en foutre, éperdument, à vivre sa vie,
comme elle l'entend.