Précipitations chaotiques. Nos coeurs noircissent avec le temps.

Neige rouge sur un sol bleu. La nature s'est emparée de moi. J'ai pris racine dans un sol fertile. Je suis couleur joncquille. Piquante comme la rose. Atirrante comme l'orchidée. Pluie fine et douce. Tu tombes sur mes feuilles d'un vert éclatant. Rosée du matin. Je frissone...

Neige noire sur un monde mort. "Je veux danser à tes genoux comme un ange en danger". Ecorchée, déchirée... Comme un air déjà entendu. Le monde fond, il dégouline, il pourrit, nous intoxique, nous renvoit ce foutu boomerang qu'on a osé peu à peu lui jeter à la gueule. Et nous sommes en plein milieu de cette putricidité acide. Les yeux fermés. Eternelles oeillères. Et tu me tires par le bras. Tu m'attires vers toi. Je me retourne. Tu n'es plus là. Mes yeux noircissent. Des larmes coulent. Noires...

Neige acidulée. Elle tombe lors des matins de désespoir, se fait dernier recours des éphémères. Froide. Je l'avale. Je l'aspire. Je la respire. Je l'ingurgite. M'étouffe avec, pour tuer mes peines, noyer le monde autour de moi. Et le froid de nous geler l'encéphal. Histoire de dire qu'on a pu s'échapper quelques secondes...

Neige sucrée des nuits d'été. Sans doute la plus agréable. La plus douce. Flocons de douceur. Intense et éphémère fraîcheur. Sur mes lèvres, sur ma peau, sur mon front. Elle tombe partout, dans nos bouches dans nos yeux le long de nos corps. Elle devient une deuxième peau, nous rassemblen, nous lie, nous attache. Le temps d'une nuit...

Neige au goût de cendre. Nos peaux en sont impreignées. Comme une petite mort. tes doigts cherchent à l'enlever. A tout prix. Tu frottes. Tu grattes. Tu essuyes. Tu arraches. Comme on dit: c'est quelque chose qui nous colle à la peau... Au milieu de plein d'autres, tu continues. Voyant l'inéfficacité de tes actions, tu cherches à fuir. Tes mains tremblant de crainte et d'horreur. Tes doigts se teintent de rouge. Tes joues saignent. Tu tombes à genoux. Relève ton visage où se mêlent les larmes et ta peau en lambeau. Un millier d'êtres se tordent autour de toi. Un millier de fou. Un millier d'hommes en cendre...
Précipitations chaotiques. Nos coeurs noircissent avec le temps.
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# Posté le mercredi 11 avril 2007 19:10

Modifié le jeudi 12 avril 2007 17:13

Liquide électrique. Je suis...

Liquide électrique. Je suis...
Je suis l'eau qui tombe sur le pavé, l'acide à tes lèvres, le torrent qui s'abat sur ton toit, je suis la foudre qui frappe sur tes terres, je suis ruisselante, liquide, évaporée, légère, je suis celle qui t'écrase, qui t'oppresse, je suis celle qui t'étouffe la nuit dans ton sommeil, je m'insinue toujours, partout où je peux, je suis fragile, volatile, implaccable, éphémère, insistante, Je suis celle qui te suis, le frisson qui parcourt ton corps, la sueur qui coule sur ta peau, je suis le sang qui court dans tes veines, celui qui bat à tes tempes, je suis le désir qui t'envahit, la chaleur qui te prend, je suis le plaisir dont tu jouis. Je m'immisse, m'incorpore, m'incruste, m'évapore, dans ton coeur, sous ta peau, dans tes pores, tu me respires et m'avales, tu me maches et me recraches, tu me fuis et me poursuis. Je t'échauffe, te pique, te blesse, te titille, je suis joueuse, insensée, électrique, exotique, raffinée, ardente, palpitante, je suis la flamme dansante, celle qui te fascine, je suis dangereuse, explosive, attirante, illusoire. Je suis la gelée ardente qui t'enveloppe, la vague qui se rabat sur tes désirs. Je suis frustration, contentement, mi-jour, mi-nuit, je suis le bien mélé au mal. Je suis le serpent qui danse à tes pieds, celle qui t'hypnotise et te comble pour mieux t'étrangler dans ton sommeil, je suis douce et sensible, ma peau est de satin, mes lèvres sont fermes, pulpeuses, je suis le plaisir de tes sens, mon teint est si parfait qu'il émmerveille. Je suis multiple et une à la fois, on ne peut m'éviter. Je suis partout où tes yeux se posent, dans chaque chose que tu touche, dans tout l'air que tu respires. Je suis blanche, femme au teint pâle, une nuée ardente, transparente, je suis le brouillard épais qui te perd, le mirage qui t'obsède. Je suis le songe de toutes tes nuits, je suis furtive, rapide, insaisissable, un épuisement fatal. Je suis le vin qui coule dans ta gorge, la fumée toxique que tu inhales, le poison subtil injecté dans tes veines. Je suis la brise du matin, le vent qui se lève, la tornade qui dévaste. Je suis la colère des innocents, le fantasme de tous, je suis envie, jalousie, je n'ai pas de justice, ou plutôt, je rends justice moi-même. J'agis seule, indépendante, Je t'observe, te laisse m'appercevoir, j'attends ensuite ton appel. Je suis ta folie, ta douleur, je suis celle qui te rend aveugle au monde. Je te retourne l'esprit, te dérange l'âme, je suis le cheval de Troie de ton intérieur, celle qui te bouffe en dedans. Je suis belle et immortelle, Je plais et je trouble tout autour de moi. Je suis narcissique et j'adore ça, quant aux autres je les dénigre. Je suis acidée, multicolore, j'attire et je piège. Ceci est mon éternel processus. Je suis la vie elle-même, la justice rendue, le destin qui s'abat, je venge et puni. Je suis celle que l'on craint et qui envoûte. Tremblez ô mortel je suis éternelle.

# Posté le dimanche 08 avril 2007 16:46

doubt

Grand moment de doute,

Impression d'écrire vraiment de plus en plus de la merde,
Je n'ai plus d'impulsion,
Je ne suis plus confiante,
Ce n'est plus spontané...
J'me perd.

# Posté le mardi 03 avril 2007 16:45

...

...
J'veux une etreinte éternelle, passionnelle,
Des moments qui nous étreignent, éphémères,
Des secondes qui durent, des heures, des jours, des mois,
Une sorte de hors-temps rassurant,
Sentir le grain de ta peau sous mes doigts,
ton souffle dans mon cou.
J'veux que les étoiles envahissent mon ciel,
Un millier d'éphémères endormies,
Leur beauté surpasse celle des plus jolis joyaux.
Viens mon amour, courons sur l'asphalte, prends ma main et tais-toi, emmène moi et tais-moi, fais moi danser, sussure moi que tu m'aime, dis moi que tout est éternel, que rien ne se terni, jure moi que tout cela n'est qu'un rêve, ou un cauchemar perpétuel.
Je veux partir loin de ce monde fou, de ces hommes à la tête perdue, de ces faux semblants qui nous perdent. Je veux devenir aveugle, et sourde à tout ce qui peu à peu nous tue.
J'veux une étreinte, n'importe laquelle,
Quelle soit douce, c'est ce qui compte,
J'veux me fondre dans la quiétude.
Tel un chat qui courbe son dos aux carresses,
Je veux me blottir contre toi,
Et ronroner de plaisir aux milles douceurs que tu as à m'offrir.
Tout ça parce que tu m'envahis,
Tout ça parce que tu es ma fuite contre les sales coups de la vie,
Tout ça parce que que le "moi" se meurt sans le "toi", que le "tu" s'égarerai si le "je" n'était pas là...
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# Posté le mardi 03 avril 2007 16:39

Au delà du temps, dans un ailleurs lointain.

Au delà du temps, dans un ailleurs lointain.
Elle le regardait de loin entre incompréhension et fascination pour cette attirance qu'elle ressentait devant ce léger sourire et ces yeux en amande. Lorsque les regards se croisent et que les sourires s'échangent, ils semble que le temps cesse pour reprendre ensuite, presque instantanément, dans une douce tranquillité. Ils savent. Ils se sont liés. A force de regards et de sourires furtifs lancés comme si il leur était impossible à l'un et à l'autre d'êtablir un contact autre que celui des yeux et de la bouche qui s'étend largement en un message de complicité. Et elle n'en revenait toujours pas de ressentir quelque chose de pareil, comme si au delà des mots, il y avait le langage des yeux. Et les regards se détachent ensuite, reprennant leurs trajectoires habituelles, revenant sur les personnes à qui on les doit, ils redeviennent des regards légitimes. Elle porte alors ses yeux vers les carreaux et observe la pluie qui tombe, lourde et silencieuse. Elle est heureuse d'avoir pendant quelques centièmes de seconde senti un regard plonger en elle. Ces fragments de temps s'écoulaient cependant comme une éternité. Cette sensation était certainement dûe au manque de chaleur de cette ville de pierre,où les gens se croisent sans jamais s'aborder ou les regards se feignent, où la foule se côtoie mais ne se mélange que très rarement. Cette chaleur d'un instant lui avait manqué, et aujourd'hui il lui permettait de s'en imprégner à nouveau.
Elle montait les escaliers, ceux de tous les jours, ceux qui étaient souillés à chaque heure par un millier de pieds d'adolescents contestataires et pleins d'illusion. Trop vides de réalité. Ses pensées allaient à leur grès entre ses obligations scolaires et ses reflexions intimes. Elle n'aimait pas l'hiver et encore moins cette pluie continuelle, lassante, oppressante qui s'acharnait nuit et jour sur les allées goudronnées et propres de la cité froide aux pâles couleurs. Depuis quelques mois sa vie se résumait à peu de chose ou du moins à beaucoup de travail et à peu de divertissement. Faute de bien s'entendre avec les energumènes locaux ou du moins avec ceux qu'elle côtoiait la plupart du temps, elle s'était crée une grande alliée d'elle même. Au troisième étage elle le croisait, il était devenu peu à peu un appaisement. Regard. Une seconde. Des directions qui divergent. Elle se replonge dans ses pensées journalières. Erre dans le long couloirs qui semble ne plus en finir...

Onze heure. Un dimanche. Le vent se lève, les nuages fuient et la foule s'agite. Elle regarde passer les gens. Observe cette diversité commune. Elle pense à celui qui est loin. Celui qu'elle voudrait près d'elle. Auquel elle se plait à substituer de temps à autre ce sourire. De manière innocente. Dans la force de l'imaginaire. Elle repense à tous ces moments qu'ils ont vécu, se languis les prochains. Elle a hâte d'effleurer son visage, de sentir sa peau, de tenir sa main dans la sienne. Il paraît que les femmes ne se sentent vraiment bien dans les bras d'un homme que lorsque celui-ci les enlace complètement...
Cette sensation lui manque à en crever. Elle ferme les yeux et s'imagine ailleurs, dans un autre hémisphère, une autre part du monde, loin des rues monotones. Elle laisse le vent s'engouffrer dans ses cheveux, souffler contre sa peau, pénétrer au plus profond d'elle-même.

# Posté le mercredi 07 mars 2007 14:53

Modifié le jeudi 08 mars 2007 12:21