Ses mains se posent hasardeuses, sur l'ivoire, sur les touches blanches. Sa peau frissonne. Le sang cogne à ses tempes. Elle a soudainement envie de rire aux éclats. D'éclater ce monde imparfait. La pluie chaude s'abat sur le sol, comme une armée en colère un jour d'été... L'atmosphère est humide, ses cheveux commencent à boucler. Elle a toujours detesté ça. Les accords se succèdent, les morceaux se croisent, se décroisent, se mêlent et ne font qu'un dans cet intime tranquillité. Elle ne cesse de jouer comme pour appaiser ses craintes, comme si c'était un moyen d'erradiquer la tempête, de calmer nos coeur. Comme pour inciter un recommencement, calmer nos hâtes, raviver nos confiances...
Des morceaux de nos vies tombent en cendres, petits bouts d'éphèmeres qui nous rassemblent. On vit le présent les yeux fermés, bandés, en aveugle. Peu importe. Cela vaut peut-être mieux. Pour aujourd'hui, pour demain...
Nos doigts se posent. Partout. Nulle part. Cherchent. L'espoir. D'une façon si désespérée... Et la mélodie s'accélère. Elle laisse courir ses doigts fins aux ongles lisses, et parfaits sur le clavier. Chaque appui est un délice pour ses sens. Sa peau douce et magnifiquement blanche se delecte de ce contact froid avec les touches. Les yeux fermés, elle se laisse emporter dans des paysages lointains, divinement calmes et colorés. Elle se situe loin de tout, près d'elle même. Et de s'accrocher à cela, car ces moments de flottement, d'absence du monde étaient finalement, pour elle , ce qui lui permettait de se sentir vraiment vivante, dans son coeur et dans son âme. Lorsqu'elle jouait elle se sentait animée, en vie, elle avait chaud en son corps et en son sang... Partout où elle allait, où elle voyait la misère, la peur, les massacres et les vices, elle ressentait cette sensation terrible, ce froid parcourait ses veines. La souffrance l'emplissait. Et elle souhaitait toujours ardemment dans ses moments là retrouver son piano et jouer, jouer pendant des heures, se perdre dans des milliers d'autres univers, et fuir à tout prix celui-ci. Se rassurer en regardant ailleurs...
Des morceaux de nos vies tombent en cendres, petits bouts d'éphèmeres qui nous rassemblent. On vit le présent les yeux fermés, bandés, en aveugle. Peu importe. Cela vaut peut-être mieux. Pour aujourd'hui, pour demain...
Nos doigts se posent. Partout. Nulle part. Cherchent. L'espoir. D'une façon si désespérée... Et la mélodie s'accélère. Elle laisse courir ses doigts fins aux ongles lisses, et parfaits sur le clavier. Chaque appui est un délice pour ses sens. Sa peau douce et magnifiquement blanche se delecte de ce contact froid avec les touches. Les yeux fermés, elle se laisse emporter dans des paysages lointains, divinement calmes et colorés. Elle se situe loin de tout, près d'elle même. Et de s'accrocher à cela, car ces moments de flottement, d'absence du monde étaient finalement, pour elle , ce qui lui permettait de se sentir vraiment vivante, dans son coeur et dans son âme. Lorsqu'elle jouait elle se sentait animée, en vie, elle avait chaud en son corps et en son sang... Partout où elle allait, où elle voyait la misère, la peur, les massacres et les vices, elle ressentait cette sensation terrible, ce froid parcourait ses veines. La souffrance l'emplissait. Et elle souhaitait toujours ardemment dans ses moments là retrouver son piano et jouer, jouer pendant des heures, se perdre dans des milliers d'autres univers, et fuir à tout prix celui-ci. Se rassurer en regardant ailleurs...



